## PREDATORS N°55

samedi 30 août 2014

Si D. Dubreuil, page 86, vous pronostique la fin du Skipping, moi, je vais vous parler de ses débuts...En l' occurrence, de ma première fois!

En ce temps-là, le Loing était une vraie rivière, qui pouvait changer, 3/4 fois, d' aspect sur 200m: rivière placide et verte, s' accélérant brusquement en rétrécissant, pour se transformer, sur un socle de blocs rocheux, en un courant transparent, peignant de longs herbiers ondulants...Un vrai paradis!

Il y avait, un peu en amont de Pont-de-Dordives, une langue de terre, terminant un long calme, qui barrait une bonne moitié de la rivière, créant, comme couramment, un magnifique remous, profond de 2M70 ( Oui, je l' ai mesuré! ), en son centre: un spot de rêve, si le courant, usant la berge abrupte dominant le dit-remous, n' avait fait basculer un arbre en son milieu!

Il était là depuis un bout, et feuilles et branchettes étaient parties, depuis longtemps, s' envaser dans le port du Havre, laissant le tronc, et quatre branches rendre la moitié du remous inaccessible: la seule possibilité consistait à échouer la barque sur la langue de terre, et pêcher la partie gauche, en lorgnant tristement sur la piscine, protégée par ses barrières de bois!

Un jour, que je tentais, une fois de plus, d' accéder à ce spot interdit, je propulsais, dans un tir rasant, mon FatRap silver qui s'engouffra, allelouya, dans la soixantaine de centimètres libres, entre branche et eaux...Il filait, le gros dodu, survolant mon bonheur, et chaque nanoseconde de vol augmentait la durée de sa nage future!

Arrivé à moins d' un mètre de la berge, il plongea vers la surface noire...Il me restait plus qu' à le laisser couler, le plus profond possible, et je me faisais fort de sortir, même, Moby Dick, de sa forteresse!

C' était au siècle dernier, le mien, donc, et le "skipping" n' existait pas plus de fait, qu' en vocabulaire...Comment dire, alors, ma surprise de voir mon Rapala, au lieu de s' en tenir aux lois habituelles de la physique, effectuer ce qu' on appelait, encore, qu' un ricochet, et aller percuter la berge: j' en oubliais de refermer mon pickup...Et ma bouche béante!

Sans incidences particulières, d' ailleurs, car, contrairement aux leurres de l' ami Dubreuil, qui ont l' amabilité de rebondir, et de se laisser tomber au ras de la berge, le mien, lui, s' agrippa férocement, et définitivement, à quelque racine mal placée, de ses deux triple n° 2!

Je vous passerais le flot d' obscénités diverses, et le pataquès qui suivit, pour décrocher cette saloperie de sa gangue végétale: après avoir, vainement,gifler l' eau à maintes reprises, je dus grimper sur le tronc, pour récupérer le traitre...Ca n' aurait pu être qu' un contretemps, mais la chance, à la différence de l' Histoire, ne bégaye pas!

Une quinzaine de jours plus tard, un connard, se prénommant René, et se prétendant mon ami, extirpa, de la berge surplombante, et sur un gardon de 20cm, un broc abruti, d' un petit 98, et qui finit, bien fait pour sa gueule, au congélo...Le broc, pas René, hélas!

Alors, vous savez ce que j' en pense, moi, de la mort probable du skipping...Vous voyez: on peux se comprendre sans même parler, des fois!

Carpe diem...





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